L'enfant est exposé aux contenus inappropriés de manière
différente suivant le type de données accessibles et
l'outil qu'il utilise pour y accéder.
1) Cas des navigateurs
Les navigateurs les plus connus sont : Internet Explorer et Netscape.
Il est très facile d'accéder à du contenu
à caractère sexuel sur internet. Les adresses de ces
sites (URL) ne sont pas toujours explicites et peuvent revêtir
des aspects anodins à base de mots communs (ex : fille, amour)
voire de mots à la mode : star ac, pokemon, etc. De plus,
les " bonnes adresses " peuvent se transmettre dans les
cours d'école !
L'accessibilité à des sites pédophiles est
plus difficile
à moins de tomber dessus par malchance
au détour d'un lien inapproprié. Au plus, au cours
d'un surf normal, on peut tomber sur des vitrines payantes (.com)
proposant des photos
mais pour voir plus il faut payer l'entrée
au site. Des réseaux de pédophiles existent et les
membres de ces derniers s'échangent des adresses (URL), des
photos via les Newsgroups, des BBS, des canaux de Chat et grâce
à des logiciels de Peer to Peer. Même bien cachée,
cette matière est présente sur internet et son contenu
est très traumatisant.
2) Cas des groupes de discussion (newsgroups)
Ces groupes sont des " forums de discussion " hébergés
par des serveurs de News et dont les sujets portent sur des thèmes
les plus variés. Les participants à ces forums y apportent
leur contribution sous forme de commentaires écrits. Dans
un forum, il se crée alors des fils de discussion de type
questions/réponses.
La plupart du temps, ces groupes de discussion sont " modérés
" c'est-à-dire qu'une personne (le modérateur)
censure tout ce qui ne traite pas du sujet, illégal, contraire
à l'éthique du groupe
c'est la théorie.
En pratique, il y a des Newsgroups dont les thèmes sont
inappropriés ou alors le thème est approprié
mais le filtrage par le modérateur n'est pas satisfaisant.
On peut alors lire des propos qui peuvent offenser les enfants ou
proposer des échanges de photos ou d'autres matériels.
3) Cas des messageries instantanées et des chats (IRC)
La messagerie instantanée est une fonctionnalité
rentrée dans les murs des jeunes et des moins jeunes
internautes pour créer et maintenir des contacts. C'est le
SMS de l'Internet ! Elle permet un dialogue écrit en temps
réel entre deux personnes. Notre test a utilisé les
3 logiciels leaders en ce domaine ICQ, AIM d'AOL et Windows Messenger.
Le succès de ces outils est tel que les utilisateurs de ces
derniers sont extrêmement sollicités par des rabatteurs
de sites pornographiques
L'IRC est un protocole qui permet de dialoguer en direct. Les messages
échangés dans ces canaux de discussion (Chat) sont
lus par toutes les personnes qui participent à la discussion.
On participe aux Chats grâce à des logiciels comme
mIRC qui permettent même des discussions en privé entre
deux participants. A l'instar des Newsgroups, il en existe sur tous
les sujets possibles. Les canaux concernant des discussions hards
sont très représentés et leurs titres sont
assez explicites pour qu'il n'y ait pas d'ambiguïté
sur les sujets de conversation qui sont abordés.
4) Cas des logiciels "Peer to peer"
Le Peer to Peer est une technologie qui permet de mettre en connexion
les ordinateurs des internautes en un véritable réseau
d'échange de données. Les internautes partagent ainsi
une partie de leur disque dur grâce à des logiciels
comme eMule, Kazaa, eDonkey,etc. Ce réseau dans le réseau
Internet échange toutes sortes de fichiers audio MP3, fichiers
vidéo DivX et WMA, applications
. et matériels
pornographiques en tous genres.

Comment fonctionne un logiciel de filtrage ?
Les logiciels de filtrage s'intercalent entre le navigateur (ou
tout autre logiciel ) et internet à moins que le logiciel
de filtrage soit à la fois navigateur et logiciel de filtrage
; c'est le cas d'AOL 8 et MSN 8.
Pour assurer le filtrage de contenu, l'éditeur du logiciel
peut utiliser plusieurs techniques en parallèle :
1) Les bases de données de contenus inappropriés
(Liste noire de sites)
Dans ce cas, une liste de sites référencés
protège l'internaute des sites inappropriés. Elle
peut contenir des centaines voire des milliers d'adresses (URL)
de pages inappropriées. Cette liste doit être téléchargée
régulièrement car elle est mise à jour par
l'éditeur du logiciel de filtrage. Les sites de cette liste
sont ordonnés en catégories que l'utilisateur peut
activer ou désactiver : sexe, pédophilie, violence,
racisme, etc.
Le logiciel de filtrage fait alors une comparaison entre l'adresse
du site demandé et sa base de données d'URL. Dans
le cas d'une similitude d'URL, le logiciel bloque la page du site.
Ces listes sont réalisées en utilisant une ou plusieurs
méthodes suivantes :
équipe
de surfeurs spécialisés qui référence
les sites inappropriés suivant les différentes catégories.
agents
intelligents qui scrutent l'internet à la recherche de sites
douteux. Puis ces sites sont vérifiés par un surfeur
pour évaluer le contenu et être classés dans
une catégorie.
utilisateurs
des logiciels qui font remonter (soumission d'URL) à l'éditeur
les URL inappropriées qu'ils ont rencontrées.
Les limites des bases de données d'URL
Le premier problème est la pertinence et l'exhaustivité
de cette base de données quand on connaît le nombre
exponentiel d'URL mises sur internet.
Le second problème est que les moyens humains ( type d'experts
? compétences employées pour décider qu'un
site est ou n'est pas approprié), les méthodologies
et la déontologie mis en uvre pour mettre une URL dans
une liste noire ne sont pas transparents pour les parents utilisateurs.
Quid des listes "blanches" ?
La liste noire a son " pendant " que l'on nomme la "
liste blanche ". Tout ce qui est dans cette liste est accessible
; le reste est bloqué. Cet outil n'est pas à négliger
mais son utilisation est vite laborieuse car les sites proposent
des liens qui seront alors bloqués. Le concept d'espace "sécurisé"
dans laquelle l'enfant évolue sans entrave est semble-t-il
plus intéressant.
2) Les listes de mots clés
A l'instar de listes noires d'URL, les éditeurs utilisent
des listes de mots à bannir. Ils sont détectés
soit dans l'URL du site soit à l'intérieur de la page
; pour certains logiciels, leur détection peut être
faite dans les moteurs de recherche, les mails, les newsgroups,
etc.
Le mot est remplacé par des caractères de substitution
( des blancs pour Cybersitter ou des dièses pour Net Nanny,
par exemple)...dans ce cas, le reste du message passe ! Autre solution
: la page ou le service est bloqué.
3) Le moteur d'analyse de contenu et de contexte
Ce type d'outil est plus rarement employé car les technologies
mises en uvre ne sont peut-être pas matures voire difficilement
"transportables" sur un PC . Ces moteurs analysent le
contenu de la page et les associations de mots pour décider
si la page doit être transmise ou non au navigateur.
C'est le cas du logiciel PureSight d'Icognito qui filtre en dynamique
les sites inappropriés sans avoir recours à une liste
d'URL pré-établies. Il fait intervenir " un algorithme
utilisant les techniques d'intelligence artificielle " qui
permet d'analyser le contenu de la page demandée.
4) Les logiciels d'analyse d'images
Le logiciel analyse le contenu d'une image et détermine
si elle est à caractère pornographique ou non. Les
pages des sites pornographiques sont affichées, mais les
photos sont remplacées par une photo neutre. Le niveau de
protection est ajusté à l'aide d'une échelle
graduée de 0 à 10.
Dans la pratique, cette analyse est bien réelle mais les
résultats sont surprenants : trop de photos de sites pornos
passent ou alors, des photos de sites inoffensifs sont bloquées.
Il est difficile de trouver un niveau de blocage de photos acceptable
au-delà du fait qu'il ne bloque pas la page porno proprement
dite et que le lien de cette dernière, toujours actif, permet
d'activer une autre page
5) Le contrôle d'applications (logiciels de lecture de Newsgroups,
de Chat, de FTP, de mail, de Peer to Peer)
Certains logiciels de filtrage permettent de filtrer voire de bloquer
l'accès aux newsgroups, aux Chats ou à d'autres applications
stockées sur le disque dur.
Dans le cadre du blocage d'application c'est-à-dire de la
gestion de l'accès des applications à internet, l'outil
de gestion existe et il s'appelle le pare-feu ou firewall en anglais.
Dans notre essai, deux logiciels en sont pourvus : Norton Internet
Security et le McAfee. CyberPatrol et Net Nanny permettent également
de désactiver "brutalement " toutes applications
désignées par l'administrateur.
Les navigateurs alternatifs
Le filtrage dans les navigateurs alternatifs : Nestcape, Mozilla,
Opéra laisse à désirer : ainsi Contrôle
kids ne filtre rien dans ces navigateurs, FlowProtector ne filtre
pas Mozilla et Opéra, Securitoo ne filtre pas Mozilla

Conclusions
du test
Choisir un logiciel suivant le type de protection recherché
Les 5 logiciels "gagnants" : AOL 8, McAfee
Internet securitysuite 6, MSN 8, CyberPatrol 6
et Optenet 8 ont des typologies différentes. Suivant
le type de protection recherché, nous proposons :
pour
le filtrage de sites web uniquement : Optenet 8, léger
et facile d'emploi, ou MSN 8 ;
pour le
filtrage de sites et le blocage d'applications : CyberPatrol
6 et AOL 8 (lié à un abonnement de connexion
internet) ;
pour protéger
votre ordinateur de la plupart des agressions de l'internet : McAfee
Internet securitysuite 6.
Ils peuvent constituer une première barrière difficilement
franchissable pour bloquer certains contenus inappropriés
aux enfants.
Établir une relation de confiance avec les enfants
La seconde barrière est celle que peuvent construire les
parents et leurs enfants dans un rapport d'écoute et de confiance
mutuelle. Les parents peuvent conseiller l'enfant sur une utilisation
de l'internet qui le protègerait de certaines dérives
:
J'avertis
mes parents si je vois une page web qui me choque ou un message
présentant des mots choquants,
Je ne
donne jamais de données personnelles : nom, adresse, n°
de téléphone, etc.
Je ne
donne jamais de rendez-vous à une personne rencontrée
sur internet à moins que cette rencontre soit encadrée
par mes parents
Je ne
réalise aucun achat en ligne sans le consentement de mes
parents
Etc.
Les parents peuvent avertir l'enfant :
qu'il
existe -comme ailleurs - du contenu qui n'est pas adapté
à leur age !
qu'il
existe - comme dans la vie de tous les jours - des individus mal
intentionnés !